Début mai, Nick Celis (directeur adjoint) et Evelien Hauquier (accompagnatrice de parcours et coordinatrice des stages) de Crescendo CVO se sont rendus pendant quatre jours à Soria, une ville provinciale du nord de l’Espagne. Dans le cadre du programme Erasmus+, ils ont effectué une visite de jobshadowing au CIFP Pico Frentes, un centre de formation professionnelle proposant des formations techniques et professionnelles pour adultes. Une réalité finalement assez proche de ce que fait Crescendo CVO chaque jour à Malines. Et pourtant, cette visite a offert largement matière à réflexion.
Le CIFP Pico Frentes est une école profondément ancrée dans la société locale. Cela est apparu très vite lors de la première visite guidée du lundi : les ateliers, l’équipement, la manière dont les espaces sont aménagés… tout témoigne d’un lien étroit avec la pratique professionnelle. La coordinatrice Erasmus de l’école, Lola Garboya, a accompagné la visite du début à la fin et a proposé un programme qui a permis de découvrir à la fois la largeur et la profondeur de l’établissement.
-800.jpg)
Le mardi, Nick et Evelien ont visité le CEDER, le centre national de recherche et de formation en énergies renouvelables de la région. Le CIFP Pico Frentes collabore structurellement avec ce centre : les techniques durables, l’énergie solaire et l’énergie éolienne font tout naturellement partie de l’offre de formation. Il ne s’agit pas d’un module ajouté a posteriori, mais d’un élément central de la manière dont l’école prépare ses apprenants au marché du travail de demain. Pour Crescendo CVO, qui reçoit de plus en plus de demandes autour des compétences vertes, cela constituait un exemple inspirant de la manière dont un tel choix peut être concrètement mis en œuvre.
-800.jpg)
Les mercredi et jeudi ont été largement consacrés à des visites d’entreprises. Chez CORTABITARTE, une entreprise de construction en bois, ils ont pu observer ce que représente concrètement une collaboration durable avec une école : non seulement offrir des stages, mais aussi réfléchir ensemble aux contenus de formation.
Chez FICO Mirrors, une entreprise industrielle du secteur automobile, un modèle encore plus poussé est apparu : l’entreprise propose des stages pour plusieurs formations en même temps, tant pour les apprenants en électricité que pour ceux en maintenance industrielle. Un partenaire, plusieurs formations. Cela rend la collaboration plus efficace et renforce les liens avec l’école.
Un effet notable de cet ancrage profond dans le monde des entreprises est la plus grande sécurité d’emploi des diplômés. Les entreprises qui connaissent déjà les apprenants durant leur formation recrutent de manière plus ciblée. La transition entre l’école et le travail est ainsi plus fluide. Ce n’est pas un hasard, mais le résultat d’une stratégie réfléchie.
-800.jpg)
Au-delà de la collaboration avec les entreprises, plusieurs choix pédagogiques ont également retenu l’attention. Le CIFP Pico Frentes fonctionne avec trois niveaux clairement définis : débutant, intermédiaire et avancé, permettant aux apprenants d’entrer au bon niveau et de disposer d’un parcours d’évolution clair. Beaucoup d’apprenants ne viennent pas uniquement pour apprendre un métier, mais aussi pour poursuivre des études supérieures. Cette ambition est activement soutenue par l’école.
L’établissement travaille également avec des semaines de projets, durant lesquelles des apprenants de différentes filières collaborent sur des tâches communes. Les étudiants en électricité travaillent ainsi côte à côte avec ceux en mécanique automobile. Ils apprennent non seulement leur métier, mais aussi à collaborer, communiquer et valoriser l’expertise des autres. Des compétences essentielles pour les entreprises. La participation à des compétitions professionnelles renforce encore cette approche.

Observer une autre école permet aussi de mieux voir son propre fonctionnement. Beaucoup d’éléments étaient reconnaissables : l’importance des relations personnelles avec les partenaires professionnels, l’attention portée aux compétences transversales, ou encore la construction de règles de classe avec les apprenants eux-mêmes.
Mais il existe aussi des différences réelles. Le public du CIFP Pico Frentes est en moyenne plus jeune que celui d’un CVO flamand, ce qui influence l’approche pédagogique et les possibilités de reconnaissance des compétences acquises antérieurement. Les stages sont plus longs mais essentiellement observatoires, contrairement à l’approche plus participative en Flandre.
Ces différences rendent justement ce type de visite particulièrement précieux. Elles invitent à questionner des choix parfois considérés comme évidents et ouvrent la porte à de nouvelles possibilités. Les partenaires de stage existants pourraient-ils collaborer avec plusieurs formations ? Comment faire davantage apprendre ensemble des apprenants de différentes filières ? Comment développer encore l’offre autour des techniques durables ?
Autant de questions que Nick et Evelien ont ramenées de Soria et qui seront approfondies dans les mois à venir au sein de Crescendo CVO.
Le contact avec le CIFP Pico Frentes reste chaleureux. Car cette visite a aussi confirmé une chose : l’internationalisation n’est pas un projet ponctuel, mais une manière de travailler. Une école qui continue à apprendre enseigne mieux.
