Dans cet entretien, elle raconte ses expériences d’apprentissage de la langue, de création de liens sociaux et son rêve de reprendre son activité de gynécologue. Son histoire est une histoire d’espoir, de persévérance et de gratitude.
Auteur : Daniel (candidat NT2, "Écrivons ensemble un journal")
Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
"Je viens d’Ukraine, où j’ai travaillé comme gynécologue pendant plus de 30 ans. J’ai toujours exercé avec beaucoup de passion. J’aidais les gens lors de moments importants de leur vie, et cela me donnait beaucoup de satisfaction. Mais lorsque la guerre a éclaté, tout a changé. Ce fut une décision difficile de quitter mon pays, mais je n’avais pas d’autre choix. J’ai fui avec ma mère et ma sœur vers la Belgique. Je vis maintenant à Sint-Pieters-Leeuw. Ma fille Sofie avait déjà étudié ici avant le début de la guerre. Elle est maintenant diplômée et travaille comme médecin assistant à Alost. Elle m’aide beaucoup, notamment pour apprendre la langue et pour les démarches pratiques."
Quelles ont été vos premières impressions de la Belgique et de Hal ?
"Mes premières impressions étaient très positives. La nature ici est magnifique et les bâtiments ont un style unique. La vie est bien organisée, ce qui m’a facilité l’adaptation. Hal occupe une place particulière dans mon cœur. J’y ai suivi des cours de langue et je me suis immédiatement sentie accueillie. Les gens sont sympathiques et la culture semble accessible. Cela m’a vraiment aidée à m’adapter plus rapidement."
Quels défis avez-vous rencontrés depuis votre arrivée en Belgique ?
"Apprendre la langue est mon plus grand défi. Je prends des cours de néerlandais et participe aux activités de Hallo Nederlands pour m’exercer davantage et je participe à des tables de conversation à Sint-Pieters-Leeuw. J’ai également suivi une formation linguistique spéciale pour la médecine. Le soutien que je reçois m’aide énormément. Un autre défi est la reconnaissance de mon diplôme. Sans reconnaissance, je ne peux pas travailler comme gynécologue ici. Le processus prend du temps, mais je reste positive. J’espère pouvoir reprendre mon activité dans le domaine médical bientôt."
Comment avez-vous créé des liens sociaux en Belgique ?
"J’ai rencontré beaucoup de gens grâce à Hallo Nederlands. Là, j’ai rencontré Erik et Mie, un couple retraité. Ils m’ont emmenée visiter de beaux endroits à Hal et ont rendu mes journées plus belles. Nous sommes devenus de vrais amis. Lors de mon stage d’observation en tant qu’infirmière, j’ai également rencontré de nouvelles personnes. Le soutien et les amitiés que j’ai construits ici signifient beaucoup pour moi. Rire, parler et apprendre ensemble rend mes journées plus légères. Cela me donne le sentiment de faire vraiment partie de la communauté."
Qu’est-ce qui vous frappe dans la culture belge ?
"En Belgique, il faut toujours prendre rendez-vous pour rendre visite à quelqu’un. C’est différent de l’Ukraine, où l’on rend souvent visite sans rendez-vous. La vie ici est très structurée. Pourtant, il y a aussi des similitudes. Les fêtes catholiques comme Noël et Pâques se célèbrent aussi en Ukraine. Ces traditions sont familières. Par exemple, nous cachons aussi des œufs pour les enfants à Pâques, comme ici. J’essaie de maintenir mes propres traditions tout en apprenant de nouvelles habitudes belges. Les réunions familiales restent importantes pour notre famille, et je reste également en contact avec d’autres Ukrainiens à Hal. Nous nous entraidons et partageons des histoires. Cela crée un sentiment de lien."